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Ange des Ténèbres

Sombre Dimanche

le 05/10/2010 à 14h29

 


Version française de "Gloomy sunday", une chanson inspirée d'une musique composée en 1933 par un artiste hongrois Rezső Seress. Elle a fait l'objet de beaucoup de légendes urbaines la décrivant comme the Hungarian suicide song. En effet, le mythe a fait d'elle une musique associée à un grand nombre de suicides... Mais cela ne reste qu'une théorie sans fondement... Quoique, le compositeur lui-même s'est suicidé en 1968! 

Lueur?

le 04/09/2010 à 04h05

  


 


La nuit je me souviens


De ce que serait ma vie


Le jour je m'habitue


A ce que devient mon rêve


 


Je ne te tairai rien


Mais je ne dirai qu'à demi


Ce qui a brisé mon écu


Et qui a usé ma sève


 


A toi seul je crie, viens!


Du fin fond de mon déni


Même si tu n’es plus


Que l’ombre de ton glaive


 


La pluie a pris les liens


Que la lune seule a construit


Et la lumière s’est tue


Comme une douleur brève


 


Pour toi je redeviens


Et je referme les puits


Au cœur d’une âme nue


Qui espère une trêve


 


Toi à qui j’appartiens


Et avec qui je poursuis


L’espoir de n’être plus


Qu’une lueur qui se lève


 


 


Lilange

Un jour

le 17/06/2010 à 16h05

 



Un jour nous avons appris à penser… peut-être était-ce le jour le pire de notre existence, car depuis lors notre esprit cherche vainement le repos. Nous pourrions nous dire que cela vaut mieux que de vivre la tête vide, mais nous nous rendrions très vite compte que cela nous permettrait déjà de commencer à vivre. Quelle vie a-t-on si on ne la vit pas pleinement pour cause d’une tête remplie de choses qui ne nous rendent pas heureux ?


Nous rêvons tous d’une vie facile où les rires coulent à flot et où les larmes sont aussi rares qu’une douce pluie sur le désert. Nous essayons d’y arriver en nous détachant de nos pensées, mais le vide alors nous rattrape. Ironie du sort, nous ne pouvons supporter cette sensation de vide intérieur qui nous renvoie l’écho de notre solitude. Que faire ? Comment sortir d’une voie tracée, délimitée par des murs infranchissables ? Casser les murs direz-vous, voilà ce qui pourrait être une solution ! Trouver l’outil adéquat et battre la pierre jusqu’à la rendre poussière. Est-ce encore possible ? Nous nous le demandons toujours et pendant que nous nous fatiguons à nous poser cette question, le temps coule et se noie dans les années. Et nous ne voulons pourtant pas nous retrouver attachés à un grand berceau par des brides de regrets.


A la fin, quand le moment sera venu, nous voudrions pouvoir regarder en arrière et nous dire que nos choix étaient les bons, nous voudrions pouvoir regarder en face de nous et voir des visages aimants qui nous rassureraient par leurs sourires attristés, nous voudrions pouvoir regarder vers l’avenir et deviner la paix qui nous attend... Puis un jour, nous arrêterons de penser.


 

 Après un long moment d'absence, je reviens enfin à toi mon blog chéri qui a du se sentir délaissé...


Je reviens pour parler d'une oeuvre, une belle oeuvre: L'insoutenable légèreté de l'être, de Milan Kundera. Une oeuvre qu'on ne peut totalement classer...entre romanesque et philosophique...entre le "je" et le "il"... Une oeuvre où l'auteur mêle les histoires de ses personnages à son propre point de vue, un peu comme s'il commentait leurs choix, leurs sentiments, leur être... 

Je ne sais trop comment décrire ce roman, entre l'amour et l'achronologie, la tendresse et la tristesse, le lourd et le léger...

Le fil conducteur est une histoire d'amour entre Tomas et Tereza, deux personnages si différents qu'ils se complètent, mais pas si facilement... 

J'ai adoré comment l'auteur décrit la façon de voir les choses de chaque personnage, entre rêve et réalité... On a juste l'impression d'entrer dans leurs esprits, de connaitre leurs convictions profondes, de comprendre ce qui les différencie, ce qui fait qu'ils sont eux.


Pour moi, une oeuvre à lire et à relire, car il y a des passages tellement beaux et tellement vrais!


Citations: "Plus lourd est le fardeau, plus notre vie est proche de la terre, et plus elle est réelle et vraie."

"L'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car il n'a qu'une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures."

"Je pourrais dire qu'avoir le vertige c'est être ivre de sa propre faiblesse. On a conscience de sa faiblesse et on ne veut pas lui résister, mais s'y abandonner. On se soûle de sa propre faiblesse, on veut être plus faible encore, on veut s'écrouler en pleine rue aux yeux de tous, on veut être à terre, encore plus bas que terre."

Petit hommage à un grand Homme!

le 17/12/2009 à 10h01

 

 "Ce soir ma vie sanglote avec des cris de joies ; 
J’ai entendu venir le chant de ma détresse. 
Toi qui pars avec l’or de ma chimère en sang 
Dis-moi les mots où passe un fanion déchiré. 
Je vocifère encore mon désespoir malade, 
Et je sens se faner les pensées sans pareilles ! 
Aux navires de feu des randonnées qui rêvent, 
J’aurai voulu partir avec mon corps parti... 
Toi, la jeune aux gestes verts, 
Frappe les murs 
De mon taudis hanté ; 
Penche ta grâce au loin 
Vers celui que tu brises 
De tes regards d’argent... 
Pour comble de malheur le vent devient muet : 
Habille-toi, ma mort, allons au cimetière 
Passer une heure avec les spectres. 
Si je trouvais encore un coeur de loup à vendre,
Ce ne serait qu’un jeu, pour moi, de tout comprendre... 
J’avais bien écrasé les cafards de mon âme 
Et voici que je pleure avec des cris de femme !... 
Comme si les haillons de ma jeunesse en friche 
Claquaient au souffle lourd de mes pensées de biche... 
J’ai vu pour mon malheur, en marge des lagunes, 
Un destin de palmier se moisir de passion 
Ainsi fleurit l’espoir de mon amour en nage 
Avec les floraisons des imposteurs très chers. 
Parmi mon coeur perdu Hurle un parfum de femme !... "

Kateb Yacine (Soliloques)

Petite plainte...

le 10/12/2009 à 18h31

 


 J'aurais aimé me réfugier chez toi si tu avais été seul


J'aurais voulu sentir tes bras au lieu d'être toute seule


Avant tu avais quelqu'un dans ton coeur


Aujourd'hui tu as quelqu'un dans ton lit


Mais toujours aucune place pour moi


Alors que je n'ai toujours que toi...

The Mystic's Dream

le 08/10/2009 à 09h02

  


Tout simplement magnifique... On se retrouve en quelques secondes entrainés dans les mythes celtes! Un beau voyage de l'esprit.


 

Bof...

le 19/09/2009 à 23h33

 


Je me demande quoi faire pour ne pas penser à quelquechose qui obnubile tout mon esprit... Même si j'essaye de m'occuper, de ne pas rester seule... même si je dois faire plein de choses et que mon temps est limité... Cette hantise arrive toujours à se frayer un chemin vers mes pensées, et à me plonger dans ce trouble blessant...


J'ai comme l'impression que je ne pourrais plus vivre sans... peut-être que je suis masochiste, ou peut-être que c'est parce que je sens que c'est quelquechose de tellement important pour moi qui m'échappe! Mais je sais aussi que je n'ai aucun pouvoir, que rien ne pourra changer les choses et qu'il n'y a aucun espoir possible...


Je devrais donc pouvoir lâcher prise, vivre ma vie et ne plus y songer... alors pourquoi cette ombre ne me quitte pas? Devrais-je la trimballer ainsi pendant encore longtemps? je ne me sens pourtant pas la force, et je ne trouve aucun échappatoire, d'autant que ça représente beaucoup pour moi, et il se pourait que je ne croise plus ça au cours de la vie qui me reste. Cela me fait tellement peur, car rien ne ferait le poids face à ça...


Je ne connais pas la suite, mais j'espère au moins dépasser le stade où je me trouve actuellement, et pas en pire...

Poésie

le 09/09/2009 à 23h43

 

 

Si je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel,

Brodé de lumière d'or et de reflets d'argent,

Le mystérieux secret, le secret éternel,

De la vie et du jour, de la nuit et du temps,

Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.

Mais moi qui suis pauvre et n'ai que mes rêves,

Sous tes pas je les ai déroulés.

Marche doucement car tu marches sur mes rêves.

 


William B.Yeats

Histoire de vélo

le 09/05/2009 à 10h35

 


Histoire de vélo


 


Un beau jour, elle est montée sur moi, et quelques tours plus tard, elle m’a emmené avec elle. Sans savoir vraiment où j’allais, je lui cédais mes rênes et la laissais me guider. Je quittais ainsi mon ancienne vie, avec néanmoins un petit pincement au cœur. Mais je n’étais point effrayé, je ne sais pourquoi mais je me sentais déjà en confiance avec elle.  


On a alors pris la route, flânant sous les arbres, sur des allées entourées de verdure, au bord d’une eau calme et paisible. C’était notre première promenade, celle qui commençait une longue et belle série.


Ainsi commençait notre chemin ensemble. Tranquille et confiant. Nous roulions presque tous les jours, routinièrement  pendant la semaine, et toujours ailleurs les weekends , sillonnant parcs, forêts, villes… il y’avait toujours un endroit à découvrir, des amis à voir, des livres à lire, ou juste des pensées à méditer.


Je me suis très vite habitué à cette vie sereine, et à elle surtout… je sentais son léger poids sur moi, j’observais ses mouvements, j’écoutais les mélodies qu’elle fredonnait sur mon dos, et parfois je sentais sa mélancolie… Elle voulait oublier, ses yeux embués fixant vaguement la route devant elle. Oublier quoi ? Je ne saurais le dire, mais son mal se ressentait. Peut-être que moi seul le voyait, car elle ne le cachait pas devant moi, ou que moi seul y prêtais attention. 


A la fois forte autant que je le suis, et humaine autant que je ne le serais jamais, elle savais contrôler ses émotions devant certains, et pouvait complètement craquer devant d’autres, mais ceux-ci étaient rares. Je m’en étonnais d’ailleurs, avec autant de générosité et si peu de soutien. C’est pour cela que je ne comprendrai jamais la race humaine… 


Mais heureusement, dans la vie, on peu compter sur autres que ses semblables. Certaines choses ont ce pouvoir, de devenir parfois, indispensables aux humains. Je suis heureux d’être de celles-là, et encore plus de l’avoir été pour elle. 


Elle avait, quant à elle, le pouvoir de faire vivre les choses qu’elle aimait. Non pas par télékinésie ou je ne sais quel autre aptitude de science-fiction, mais seulement les faire sentir importantes en s’y attachant.


Je ne suis peut-être qu’un vélo aux yeux de tous, mais aux siens, je me sentais être un accompagnateur et un compagnon.


Aujourd’hui je ne suis plus rien…


Aujourd’hui, je repose, inerte, déchiré, délabré, démembré, dans un lieu noir et sinistre, avec pour seule compagnie, mes semblables dans un état aussi lamentable que le mien, et parfois même pire. 


Et tout ceci, je le mérite… Pourquoi ? Au fond de moi je sais la réponse, et j’en connais la raison… Mais je ne peux la découvrir. Nullement pour cause d’amnésie ou quelque autre oubli, bien au contraire, car jamais ne s’effacera de ma mémoire la cause de mon désespoir. 


Cela peut paraître étrange de la part d’un vieux vélo qui raconte ses mémoires, mais ce ne sont nullement des confessions, juste des souvenirs. Pour ne pas oublier ce que j’ai pu ressentir, pour garder une trace d’une vie qui n’aurait jamais du être et d’une autre qui aurait du continuer. Simplement pour se rappeler d’elle… Un ange parmi les anges, éclatante d’une pure clarté qui illumine désormais l’éternité… 


 


Lilange